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vendredi 21 août 2015

Chronique Filmique: Persuasion (BBC-2007)

Ma dernière citation du jour m’a donnée envie de revoir ce pur bijou de la BBC.

*histoire* Anne Elliott est la fille d’un baronnet arrogant, stupide, égocentrique, narcissique qui vit tellement au-dessus de ses moyens qu’il est obligé de louer la demeure de sa famille. Le nouvel habitant est l’amiral Croft dont l’épouse est la sœur de Frédéric Wentworth : ce dernier et Anne se sont rencontrés il y a 8 ans, passionnément épris ils se sont fiancés mais Anne a rompu leur fiançailles avant l'annonce officielle sur conseil de sa marraine car le jeune homme était un capitaine de marine novice, sans fortune et sans « connexion ».  Depuis Anne est en dépression, elle a donc perdu sa joie de vivre, sa « fraîcheur » ce qui l’a rend encore plus indésirable pour sa vaine famille, son père et sa sœur aînée Elizabeth, car en plus elle est responsable, intelligente et calme (que des défauts pour eux ^^).  Elle est un tel poids pour eux, qu’au lieu de l’emmener avec eux à Bath dans la nouvelle demeure, ils l’envoient jouer les garde malade chez la plus jeune des sœurs, Mary qui est une incurable hypocondriaque mais la seule à être mariée et mère. Cette responsabilité va l’amener à recroiser Frederick car Mary habite près de la demeure ancestrale des Elliott, et à affronter la froideur et le ressentiment de son ancien amour qu’elle aime toujours profondément.

Bon comme cela va être dithyrambique commençons par les quelques défauts ^^

*Sally Hawkins qui joue Anne ne correspond pas à la description du personnage, elle a plus de caractère dans son visage que de beauté. Et en plus elle est affublé de la coiffure la plus moche que j’ai jamais vu dans une adaptation de Jane Austen ^^ Et je trouve que le fait qu’elle soit plus âgée que le personnage se ressent, je veux dire Anne n’a que 27 ans hors Sally fait bien plus vieille. Et puis alors que Anne doit physiquement changer au cours de l’histoire, plus elle lit le changement en Frederick plus elle reprend goût à la vie et plus elle reprend des couleurs, sa joie de vivre en gros et elle redevient elle-même et donc jolie. Ce qui est le seul point positif de l'adaptation de 1995 car on voit le changement physique de Anne par les joues rosies, et ses cheveux qui semblent revivre car ils sont plus lumineux et bouclent.
Comme c'est impossible de trouver des photos, j'ai fais des screencaps de mon dvd ahah
voici Anne quand elle revoit Frederick pour la 1er fois
*Critique valable pour la sœur aînée d’Anne, Elizabeth qui a l’air d’approcher de la quarantaine alors qu’elle doit avoir 29 ans et qui n’est pas vraiment jolie alors qu’elle doit être BELLE.

*Les belles-sœurs de Mary que Jane Austen qualifie de plus belles filles du comté ne le sont nullement dans l’adaptation. C’est assez présomptueux et vache de ma part mais je ne les trouve pas belles, Anne qui est censée être déprimé, ne plus être jolie, l'est pourtant bien plus qu’elles. Et les actrices sur jouent un poil l’exitation chronique des demoiselles Musgrove.
Avouez que là je ne suis pas trop dure hein? ^^
*Les costumes, en particulier les robes, le chapeau et le manteau de Anne sont un peu cheap ce qui est vraiment rare dans une adaptation BBC.

*La chute de Louisa est assez mal rendue, on n’y croit nullement.

*Dommage que la scène qui amène à la confession de Frederick par écrit soit absente car ça enlève l’élément déclencheur, on comprend pas trop d’où vient ce revirement du coup.

Voilà c’est tout ahah passons aux choses sérieuses !

*Le casting est impeccable !  Avec mention spéciale pour :
-Sally Hawkins campe l’un des personnages les plus difficile de Jane Austen à la perfection (oui même si j’ai critiqué son physique je suis à même de comprendre pourquoi elle a eu le rôle ^^). Elle joue Anne tout en retenue, en subtilité, son regard face à la caméra bien que étrange et dérangeant au départ permet de sonder les profondeurs de la souffrance que Anne doit cacher aux yeux de tous. Elle joue à merveille la gêne, la désolation que ressent Anne face à son amour mais elle arrive aussi à faire ressortir la force de caractère de Anne qui est sous-estimé voir même inconnu de tous et en particulier de Frederick.

-Rupert Penry-Jones EST Frederick !!!
Quand il revoit Anne pour la 1ère fois alors qu'il ne s'y attend pas

 Bon déjà il est très beau (dans le livre le très narcissique père de Anne qui pourtant ne trouve jamais personne à la hauteur annonce que Wentworth est un très bel homme ce qui dans sa bouche n’est pas peut dire donc !), mais il est aussi magnétique et charismatique ce qui colle aussi avec le beau capitaine qui fait tomber toutes les filles en pamoison ! 
Et surtout, il arrive à illustrer toute la souffrance que son personnage ressent ce qui est assez difficile car le livre est du point de vue de Anne, on n’a nullement accès aux pensées de Frederick. Rupert arrive à rendre toute la froideur de son personnage tout en faisant passer dans ses yeux l’indécision de Frederick (visible aussi dans sa façon de se tenir, d’abord froid et austère en présence de Anne, il finit par être confus en sa présence, il finit même par se rapprocher physiquement parlant d’elle quand il lui parle, c’est subtil mais parfait !) qui est tiraillé entre la rancune et l’amour encore plus profond qu’il éprouve pour Anne. En effet, dès sa 1er scène on comprend que malgré les 8 ans qu’il a passé à se dire qu’elle n’était rien pour lui, dès qu’il la voit il se prend ses sentiments en pleine poire.

-Mary Elliott-Musgrove, la sœur hypocondriaque encombrante devient un personnage burlesque et hilarant grâce à la très talentueuse Amand Hale. Ses mimiques, son jeux de voix et sa façon de se tenir sont une source de fou rire infini ^^

-Ajoutons Anthony Head qui campe un Walter Elliott imbu de lui-même tellement ridicule que c'est hilarant de le voir faire mais qu’il arrive pourtant à rendre assez classe (sa voix!) mais aussi un tantinet burlesque et baroque.

*c'est très important d'avoir commencé en montrant Anne perdu dans son monde, dans sa vie, elle semble juste exister mais sans plus. Elle est comme un automate qui essaye de gérer son imbécile de famille la journée et qui doit pleurer toute les larmes de son corps dans son lit la nuit.

*L'idée du journal intime est une très bonne idée qui permet de comprendre ce que ressent Anne au retour de son amour, comment elle aborde cette nouvelle vie et la nouvelle façon d'agir de Frederick.

*Les décors sont très beaux, on voyage dans l’Angleterre post-Trafalgar qui est en pleine mutation avec ces marins qui accèdent à de hautes positions grâce à leur courage sur le champ de bataille et non grâce à leur naissance.

*Le cadrage qui rend la confusion d’Anne et de Frederick palpable

*C’est une adaptation très respectueuse, comme Persuasion est le plus court des romans de Jane Austen, cela permet d’éviter les coupes intempestives malgré le format de 1h30. Toutes les scènes clés sont là, les personnages sont très bien rendus malgré mes quelques critiques.

*L’ajout de deux scènes avec Frederick et son ami Harville est une très bonne idée car cela permet de mieux le comprendre et de voir ses véritables sentiments. Le fait qu’il est apparemment tenter de séduire Louisa prend tout son sens, puis on découvre la profondeur de ses sentiments pour Anne et ce qui l’a amené à en reprendre conscience.

*La mélancolie et le désespoir qui émane de l’histoire s’efface avec la merveilleuse lettre de Frederick  et le très beau baiser qui s’ensuit !


PS : à ne pas confondre avec la précédente adaptation  de 1995 avec Ciaran Hinds qui est une horreur lol 
PS2: une chronique sur le livre arrive aussi car je l'ai relu en un aprèm ;)

mardi 4 août 2015

Chronique filmique: Jane Eyre (2011) de Cary Fukunaga

Aujourd’hui parlons de l’une des meilleures adaptations de mon livre favori.

Jane Eyre 2011 avec Mia Wasikowska & Michael Fassbender
Merci Allociné je n'ai plus la mienne sur mon ordi --"

Mia est une parfaite Jane ! Elle correspond tellement à la description : elle est petite, menue, ce n’est pas une belle fille (en particulier avec cette coiffure ^^). En plus, elle joue Jane à la perfection ! Elle apparaît fragile mais elle insuffle la force discrète et la fierté  à Jane. La seule chose qu’elle ne réussit pas à démontrer c’est la passion qui consume son personnage face à Rochester.

D’ailleurs parlons-en de ce cher Rochester. Physiquement Michael est bien trop beau pour coller avec le personnage qui est brun et pas un canon mais c’est le seul « défaut » qu’on peut lui trouver. Il EST Rochester : ténébreux, passionné, emporté, lunatique, joueur, taquin, désespéré, fort et faible. Sa voix grave et tellement classe qu’il module à volonté donne toutes les nuances qu'il faut à l’un des personnages les plus complexes de la littérature.

Restons dans les personnages :  la jeune actrice qui joue la pupille de Rochester, Adèle, est juste adorable, elle a l’âge qu’il faut contrairement à certaines autres adaptations (d’aillleurs elle parle très bien français au contraire de Mia que l’on ne comprend absolument pas ! ^^), Judi Dench campe une impeccable Mrs Fairfax : entre stupidité-dignité-gentillesse, comme le perso quoi ahah. Imogen Poots joue une détestable Blanche Ingram bien qu’elle ne soit pas assez jolie pour le rôle je trouve (c’est la beauté du coin quand même !), les sœurs Rivers (Holliday Grainger l’inoubliable Lucrezia Borgia & Tamzin Merchant l’ingénue totalement insupportable Kathryn Howard dans les Tudors) sont douces à souhait et on s'attache spontanément à elle deux même si on les voit peu. Jaime Bell ne correspond pas à la description de dieu grec de St-John Rivers (comme à chaque fois...)et il n’est pas assez…comment dire… prétentieux et donneur de morale.A part dans sa dernière scène, sinon il n'a pas la froideur qu'il faut, il apparaît plus sur la retenue dans son jeu.

La construction du film est assez originale : on commence par la fuite de Jane et ça permet aux non-lecteurs de se poser plein de questions tout en permettant de se démarquer.

Comme il s’agit d’un film l’histoire est réduite mais on n’a pas le sentiment de perdre des morceaux essentiels et pour une fois l’enfance de Jane est courte et c’est un soulagement !  (Dans la version avec Charlotte Gainsbourg cela n’en finissait pas !).

Mention spéciale à la scène de la séparation tellement intense et passionnée qu'elle file des frissons!

La lumière est superbe, on a bien l’impression d’être uniquement éclairé à la bougie comme il se doit, les costumes sont magnifiques et on ressent bien l’impression de malaise qui émane du château (totalement gothique et film d’horreur comme dans le livre !).


Bref c’est une magnifique adaptation,  vraiment respectueuse de l’œuvre originale même si à la fin comme toujours Rochester n’est pas assez « abîmé » mais il faut le quota sexyness ^^

vendredi 24 juillet 2015

Chronique Filmique: Rebecca de A.Hitchcock (1940)

1er avis de film :) 
Une amie m’ayant dit le  plus grand bien du livre j’ai eu envie de le regarder. Brillante idée !!

Alors qu’il est tiré du chef-d’œuvre de Daphné Du Maurier et qu’il est le premier film américain du génie du suspens Alfred Hitchcock, Rebecca (1940) est très difficile à trouver (merci la diffusion TV pour la découverte!!) alors qu’il a une sacré réputation. 
D’ailleurs,  cette réputation n’est pas volée.

Aux manettes donc Hitchcock, devant la caméra la très belle Joan Fontaine (qui a la même douceur et beauté discrète que sa sœur Olivia de Havilland, l’inoubliable Melly de Autant En Emporte le Vent !) et le superbe Laurence Olivier que l’on ne présente pas ^^. Le tout rehaussé par le N&B qui sublime l’aura de mystère de Manderley et donne une classe folle au tout.

Bon au début, je l’avoue, j’ai pas mal regardé ma montre…j’ai trouvé l’introduction du film mollassone, et longuette auquel s’ajoute le problème d’un montage brutal : les scènes s’enchainent de façon abrupte sans fondue et du coup ça fait un peu amateur. Cependant, dès que Maxim arrive et courtise Miss X (on ignore son prénom) on commence à prendre du plaisir (même si le montage reste toujours un problème..).
Les acteurs sont très bien choisis : Joan a toute la candeur qu’il faut pour donner vie au personnage sans la rendre niaise et on s’attache à elle, quant à Laurence il a tout le charisme et la beauté magnétique qu’il faut pour embarquer la demoiselle et nous avec ^^
Au niveau de Manderley mention spéciale à la momie qui sert de gouvernante obsédée par l’épouse #1, Rebecca…La fameuse Rebecca qui écrase le film de sa non-présence.. Et pour Manderley lui-même, le N&B permet de souligner l'impression de froideur, d'écrasement, qui émane de cette bâtisse

Tout est dans le feutré, le psychologique, l’angoisse..On avance avec la nouvelle Mme de Winter et on sent tout le flou qui entoure la superbe, merveilleuse et splendide Rebecca qui l’étouffe de son aura par-delà sa tombe et on veut qu'elle combatte tout ça et s'impose. Mais son mari et austère, froid et changeant ne l'aide pas et elle se sent déplacé à Manderley..

On se prend au jeu et on voit des situations dangereuses et des aveux partout ^^ le film tient en haleine jusqu’à la fin et on a qu’une envie : le revoir !!!!